C'était injuste de dire que je ne reçois que des miettes de lui, l'autre jour. Fatigue, impatience, colère contre un autre qui fait monter toute la pression, atterrissage d'une petite frayeur du cœur... Evidemment, ce ne sont pas des miettes.
Ce qui est vrai c'est que nous n'avons qu'une petite poignée d'heures à partager, de loin en loin. Qu'il n'y a pas de date pour la prochaine et que donc, malgré l'envie, je n'ai pas de décompte pour me faire patienter.
J'ai reçu de lui des choses très précieuses.
Si je voulais dire les choses sur le mode d'auto-dérision qui m'est familier, je dirais que personne n'est gentil au point de s'infliger ma présence à ce point, même de loin, sans en avoir au moins un peu envie.
Tentons une approche plus assertive, qui ne m'est pas très naturelle. Je ne peux pas deviner ce qu'il y a dans sa tête, vous lui demanderez si vous le croisez un jour, mais je crois qu'il pense plutôt du bien de moi.
Comme ma pente naturelle est plutôt de me dire que je ne mérite rien de ce qui m'arrive, que les gens qui m'apprécient font semblant ou ne tarderont pas à fuir dès qu'ils se rendront compte du monstre que je suis (j'exagère à peine), j'ai des crises de foi.
Figurez-vous qu'à son contact j'ai appris à, le plus souvent, respirer un grand coup et lui faire confiance. Jusqu'à présent ça a plutôt réussi.
A quelques épisodes près. Voilà voilà voilà.
Est-ce que tu seras encore là maintenant que je vais bien ? S'il te plaît, dis-moi quand on se voit, même si ce n'est pas dans les heures qui viennent. J'ai envie de savourer l'attente d'un vrai moment parce que j'aime toujours autant l'énergie qui se créé quand on est côté à côte. Mais si c'est dans les heures qui viennent... je dis oui aussi. Dis, je compte pour toi ? Oui, je crois que je sais, un peu, mais tu ne voudrais pas le dire, juste pour mon plaisir ?
Voilà les questions qu'il y a derrière ce moment de moins bien.
C'est sûr que le luxe du temps long, de moments où on peut prendre le temps de ne pas se parler, de contempler - et d'être bien - en silences et paroles alternés, n'existe pas entre nous. Il n'est pas interdit d'en rêver, l'espérer serait déraisonnable.
Mais non, pas de miettes, principalement des jolies surprises.
Et oui, il y a des moments où je me demande ce qu'il peut bien avoir dans la tête, bordel. Il y a des moments où j'ai mal de la réalité. Et surtout toutes ces fois où je me sens mieux dans ma vie parce qu'il en fait partie.
Respirons. Faisons confiance.
Et pour le reste...
... il y a quelques très rares personnes dans une vie, dont on sait, quand on les rencontre, ou peu après, qu'elles auront une importance particulière pour nous. Dans ce cas, bien avant, des mois avant qu'il ne me fasse hausser un sourcil sur un mode "mais qu'est-ce qu'il me dit, là ?" Alors on suit son instinct, et puis avec le temps on découvre qui est l'autre et on dessine un chemin, un pas après l'autre.
(Va pas te sentir exonéré de faire ta magie, toi, au fond).

Quand c'est joli, que ça réchauffe le cœur, on appelle ça des instants volés, des perles précieuses, et puis quand la frustration s'en mêle, (s'emmêle ? ) ça devient des miettes comme celles qu'on jette nonchalamment aux oiseaux. Quelques soient le nom qu'on leur donne, c'est du temps aimé et qui vient à manquer... Ceci dit je ne crois pas que le temps long soit un luxe, c'est d'ailleurs pour cette raison qu'il manque et c'est fort légitime. Je t'embrasse.
Je t'embrasse fort, ma Luceluciole.
Les miettes de bonheur, ça reste du bonheur quand même. Mais la frustration du trop peu peut finir par gâcher ces moments. Il n'y a pas moyen que tu proposes un temps long ?
NP oh je peux. C'est juste peu réaliste qu'il y ait une réponse favorable. Tu sais, la vie, ses contraintes, etc.
Moi je dis ça se tente quand même !
Déjà que je ne pose pas beaucoup de questions !