C'est une drôle de chose que la vie.

Je ne savais pas que je pourrais, un jour, être perdue dans un océan de chagrin qui ne se tarira probablement jamais complètement[1]. Et dans le même temps, je me sens en paix, sereine sur qui je suis, ce que je fais.

L'empreinte de mes bottes plantées dans la neige.

Et pourtant.

Curieusement ce sont les moments de joie vive qui me procurent les plus gros contrecoups.

Est-ce que je vais me priver de joie pour autant ?

Non.

Étrange période de ma vie.

Note

[1] Et j'ai horreur de la commisération, de la pitié et autres manifestations infantiles ou de pensée magique de type "au bout du tunnel la lumière, après la pluie le beau temps, c'est quand on ne cherche pas qu'on trouve". Si jamais ça vous effleure, vous valez mieux que ça, par pitié. Ou alors soyez drôles, au moins. Et au bout du tunnel on ne trouve pas ce qu'on ne cherche pas, vous voyez le genre ? En ce qui me concerne, je ne suis pas une petite chose fragile. Je suis debout, je vis. Je sors, je vois des gens, je m'abreuve de tout l'art du monde et j'en veux toujours plus. Juste une sorcière blessée, une femme au cœur mosaïque, je soigne cette blessure dignement, justement, droitement et de la façon qui me convient à moi. Je sais que certaines blessures deviennent un bout de nous et j'y suis prête. Et croyez-moi, ça n'est pas un motif d'apitoiement.