C'est une drôle de chose que la vie.
Je ne savais pas que je pourrais, un jour, être perdue dans un océan de chagrin qui ne se tarira probablement jamais complètement[1]. Et dans le même temps, je me sens en paix, sereine sur qui je suis, ce que je fais.

Et pourtant.
Curieusement ce sont les moments de joie vive qui me procurent les plus gros contrecoups.
Est-ce que je vais me priver de joie pour autant ?
Non.
Étrange période de ma vie.
Note
[1] Et j'ai horreur de la commisération, de la pitié et autres manifestations infantiles ou de pensée magique de type "au bout du tunnel la lumière, après la pluie le beau temps, c'est quand on ne cherche pas qu'on trouve". Si jamais ça vous effleure, vous valez mieux que ça, par pitié. Ou alors soyez drôles, au moins. Et au bout du tunnel on ne trouve pas ce qu'on ne cherche pas, vous voyez le genre ? En ce qui me concerne, je ne suis pas une petite chose fragile. Je suis debout, je vis. Je sors, je vois des gens, je m'abreuve de tout l'art du monde et j'en veux toujours plus. Juste une sorcière blessée, une femme au cœur mosaïque, je soigne cette blessure dignement, justement, droitement et de la façon qui me convient à moi. Je sais que certaines blessures deviennent un bout de nous et j'y suis prête. Et croyez-moi, ça n'est pas un motif d'apitoiement.

Une des rares choses que j’ai comprise, c’est qu’on ne comprend jamais le chagrin des autres.
Il reste radicalement intransmissible.
Il ne passe pas par les mots qui ne savent pas en rendre compte car on a aussi mal d’un ongle incarné que d’un coeur brisé.
D’où les maladresses, les phrases bébêtes.
On peut les voir comme des essais un peu pathétiques d’être là, de cheminer à côté. Car on voudrait aider, on voudrait se rendre utile.
Sinon d’autres gardent le silence ou fuient après avoir tourné 7 fois leur langue dans leur bouche (ou dans celle d’un autre, pour les plus chanceuses)
Je t’embrasse fort fort
Sylvie tu as bien raison, c'est pour ça qu'on s'exaspère tellement en temps de deuil, notamment. Je t'embrasse fort aussi.
« Curieusement ce sont les moments de joie vive qui me procurent les plus gros contrecoups. » > C’est quelque part un peu comme la trahison qui ne peut venir que d’un ami.
Pour ce qui est de la joie et de son contrecoup, je me demande si la raison ne vient pas du manque ressenti. On peut souffrir de l’absence d’une joie vive qu’on a vécue, alors qu’on ne regrette pas trop un événement plombant une fois celui-ci passé. En fait, c’est le deuil de tout ce que cette joie vive aurait pu engendrer qu’il faut faire. C’est ce qui, je crois, fait l’ampleur du contrecoup. Et pour le deuil, y a hélas pas de recette universelle pour ça… Je ne sais même pas s’il existe une méthode individuelle d’ailleurs.
La soif de vie que tu décris dans la note me semble encore le meilleur moyen d’anesthésier tout cela. Respect ! 🫡
Hugs (pour le plaisir, la présence, et non la pitié, hein !)
Orpheus je ne cherche ni l'anesthésie ni la diversion. Je vis ce que j'ai à vivre, au moment où ça se présente, le temps que ça prend.
Un verre d'eau ? ;-) (ok, je sors, mais je suis pas loin pour papoter à faire et défaire le monde, on s'appelle bientôt ?)
Alana je ris, en plus de la raison évidente à nous deux, pour un motif que tu découvriras prochainement ! Oui, quand tu veux.